De quoi bousculer les attentes du spectateur
Le créateur Jérémy Azencott, scénariste et fondateur de l’école Quatrième Mur, est parti d’un constat simple : le théâtre classique a créé une distance avec son public. Pour y remédier, il a décidé de « tout démonter ».
Oubliez les tirades déclamées face au public et les saluts finaux qui rompent l’illusion. Ici, on parle d’épisodes. Le spectateur n’est plus un observateur passif, il est un visiteur assis dans la même pièce que les personnages, pop-corn à la main. Le jeu d’acteur, inspiré du cinéma, privilégie l’émotion brute et le souffle court à la performance technique.
« Quand un personnage pleure, on ne le regarde pas pleurer : on pleure avec lui. L’émotion devient communicative parce qu’elle est vraie », explique Jérémy Azencott.
Saison 1 : Immersion totale à « La Villa Wilder »
Pour ce lancement, le public est transporté dans un EHPAD fictif. On y rencontre Suzie, 88 ans, une ancienne « lascarde » à la gouaille électrique. Entre deux souvenirs de braquages et les brumes de la maladie d’Alzheimer, un secret de famille refait surface le soir de son anniversaire.
L’immersion est poussée à l’extrême : l’expérience se déroule en journée, respectant le rythme réel d’un établissement de soin, et la connexion avec les acteurs de la troupe (formés spécifiquement au jeu « sans filtre ») se fait à seulement quelques centimètres.
Le portrait de Suzie : Une héroïne « électrique »
Suzie n’est pas la grand-mère fragile et silencieuse que l’on imagine souvent. À 88 ans, elle habite la « Villa Wilder », un EHPAD fictif, mais son esprit voyage bien au-delà des murs de l’institution.
L’Intrigue : Un anniversaire sous tension
L’histoire se cristallise le soir de son anniversaire. Alors que l’on célèbre ses 88 ans, un secret enfoui refait surface. Cet événement déclenche une ultime confrontation avec son passé.
L’enjeu n’est pas seulement de se souvenir, mais de faire face aux conséquences de ses actes de jeunesse avant que la maladie ne les efface définitivement. C’est un mélange de drame familial, de thriller et de comédie humaine.
Une Immersion radicale
Ce qui rend Suzie unique, c’est la manière dont le spectateur vit l’histoire :
Le décor réel : Au Théâtre de la Chocolaterie, vous n’êtes pas face à une scène, vous êtes dans la Villa Wilder. Les bruits de l’EHPAD, l’odeur, l’ambiance… tout est fait pour que vous oubliiez que vous êtes au théâtre.
La proximité : Les comédiens (comme Ilona Servoz ou Kengy Houdelet) jouent à quelques centimètres de vous. Vous n’observez pas Suzie pleurer ou rire, vous partagez son espace vital. (salle de 50 places)
Le Format Série : L’expérience est découpée en deux épisodes avec une pause. On y retrouve les codes de la fiction moderne : un rythme soutenu, des cliffhangers (suspense de fin d’épisode) et une vérité de jeu « cinéma » sans aucune déclamation théâtrale artificielle.
Dates : Samedi 11 : de 15h à 17h30 – Dimanche 12 : de 20h à 22h30
Lieu : Théâtre de la Chocolaterie au 680 rue Théophraste Renaudot à Saint-Jean-de-Védas (station de tram Victoire 2)
Tarifs : Plein : 29€-réduit : 24€ Billets ici
Pourquoi ça marche ?
Le texte de Jérémy Azencott ne cherche pas à faire « joli », il cherche à faire « vrai ». En traitant de thèmes universels — la vieillesse, la maternité, les regrets et la liberté — à travers le prisme d’une ancienne braqueuse, la pièce crée un pont immédiat entre le public et les personnages.
C’est une expérience organique où l’on finit par oublier la frontière entre la fiction et la réalité, jusqu’à la fermeture symbolique des portes de l’EHPAD.

